La rivière est belle...mais la rivière est sale...sale des hommes, de leurs déchets. La foire aux vieux est toujours là, dans le paysage. Personne n'en parle...en fait, tout le monde s'en fout.
Le courant déplace tout...torrent putride. Mais pari ce sanctuaire souillé, la vie est encore là, résistant corps et âme, épuisant son énergie. Un jour, plus rien n'habitera la rivière. si...quelques canettes ou conserves égarées...entre autres choses dégueulasses. Une île de Pâques aux moaïs métalliques et oxydés.
Il pleut sur la rivière, il pleut de l'intérieur. Les ondes sphériques en témoignent, apparaissant tantôt à droite, tantôt à gauche. Mais aucun bruit...tout se fait en silence. La fin proche a entraîné le deuil...respect pour les morts à venir. Le vents caresse cette rivière pluvieuse...ça donne un mouvement...rien de vital bien sûr...mais seule l'illusion importe dans ce monde. Dans quelques années plus rien ne subsistera. Seule l'ondulation périodique de l'eau sous les coups de vent rappellera qu'ici, autrefois, il y avait quelque chose d'aujourd'hui oublié. Même le soleil aura disparu. Hop...rayé de l'Univers tel une vulgaire décoration devenue trop ancienne...écrasé le soleil, disloqué, étripé...
La pluie-acide-tombera dorénavant du ciel ! Crève nature, crève toi qui respecte cette Terre !
Le chien regarde cette rivière...dubitatif...presque inquiet. Un jour c'est lui qui disparaîtra. Le Grand Remplacement est a déjà commencé. Pourtant le chien reste a fixer l'étendue d'eau, rendue sauvage avec une envie irrésistible mais refrénée d'y plonger...malgré tout, il reste assis, immobile, l'½il hagard...quel être oserait pénétrer ce sanctuaire, le souiller encore...
Alors...si proche de la ville et pourtant tellement ignorée ; si belle et pourtant si oubliée, si calme -peut-être trop même-...honorons la rivière, qui toujours lutte. Tranquillement, certes, mais reconnaissons le, efficacement, s'adaptant jour après jour aux affres de l'espèce humaine. La rivière se bat, continuellement, mais de plus en plus faiblement. Alors, rendons lui l'hommage qu'elle mérite, et un jour, peut-être qu'elle se réveillera, émergeant de sa froide torpeur, punissant en quelques jours les auteurs de son agonie. La rivière se meurt, son silence est d'or. La rivière se meurt, quand sera-t-elle guérie ?







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